Protestants de Haute-Provence - 3/ Relevé d’observations à caractère ethnologique

Michel Heymès

Documents du Patrimoine religieux de la Haute-Provence
n° 13, 2016

Protestants de Haute-Provence
Étude du registre du pasteur Jean Bernard (1669-1684)

3
Relevé d’observations à caractère ethnologique

Le registre tenu par le pasteur Jean Bernard de Manosque est par nature un document à caractère religieux destiné à garder la mémoire de trois moments importants de la vie des fidèles : le baptême, le mariage et la sépulture. Malgré le « temps court » de ce registre (les seize années qui précèdent la Révocation de l’Édit de Nantes), et la nécessaire concision de sa rédaction, il est possible de relever dans les actes qu’il contient des indications sur la vie quotidienne de cette composante minoritaire de la société.

Ces observations à caractère ethnologique, qu’elles dénotent un comportement identique à celui de la majorité catholique (dévolution du prénom, réattribution au puîné du prénom de l’aîné décédé) ou qu’elles soient spécifiques à la minorité protestante (endogamie et exogamie par exemple), sont ici consignées suivant les « trois âges de la vie » :

  • Naissance

Le baptême

Parrains et marraines

Le nom de baptême

Prénoms masculins classés par fréquence

Prénom féminins classés par fréquence

Prénoms tirés de l’Ancien Testament

Prénoms antiquisants

Attribution au puîné du prénom de l’aîné décédé.

  • Mariage

Publication des bans de mariage

Féminisation du nom de famille

Endogamie et exogamie

Remariage

  • Inhumation

Cimetières protestants

 

Annexes :
n° 1 – Non transmission du prénom par le parrain.
n° 2 – Origine géographique des personnes mentionnées.
n° 3 – Familles nobles mentionnées dans le registre.

 

Baptême

 

Depuis ses origines, la chrétienté s’efforce de répondre au commandement de Jésus-Christ : « Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d'eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit... » (Matthieu 28.19-20).

Le baptême se définit comme un rite par lequel le baptisé entre dans le mystère de Pâques « mort et résurrection de Jésus-Christ ». C'est en Lui que tout baptisé dans l'eau et dans l'Esprit est immergé pour renaître à la vie nouvelle[1].

Cette vision du sacrement du baptême est partagée par tous les chrétiens.

Lors de ce rite, en plus de l’enfant et du ministre, deux acteurs sont essentiels, le parrain et la marraine.

 

Parrains et marraines

Les mots parrains et marraines ne sont pas employés explicitement par le pasteur Bernard qui écrit « l’enfant a été porté par… » ou bien « l’enfant a été présenté par … », mais l’acte qui suit montre bien que celui qui présente l’enfant est bien le parrain :

Marguerite Matty fille de Mons. Honoré Maty, marchand et delle. Boit a ésté portée en Baptême par Mr. Pierre Gaudemar estudiant en théologie et delle. Bernard, sa sœur le 14 feb. 1669, née le 8 du courant. Sig. Caudemar, parrin - Matty - Marguerite Gaudemar - Bernard ministre.

Cette façon de qualifier les parrains et marraines dont use le pasteur Bernard, désigne bien ce que l’on attend du parrain et de la marraine, qu’il ou elle porte dans ses bras l’enfant jusqu’au lieu du baptême et qu’il ou elle le présente au ministre qui confère le sacrement.

Les parrains et marraines sont parfois choisis dans la parentèle proche, le plus souvent les oncles et tantes ou les grands-parents (une seule fois un frère aîné et une seule fois une sœur aînée) donc dans le même milieu social que celui des parents. Mais le registre du pasteur Bernard permet de voir qu’il existe une exception : c’est le parrainage par la noblesse, d’enfants dont les parents n’appartiennent pas à celle-ci[2].

Outre le fait de porter l’enfant, parrains et marraines jouent un rôle essentiel dans la dévolution du prénom.

 

Le nom de baptême

Une des composantes du baptême est l’attribution d’un prénom. Là encore, comme pour le baptême catholique, la règle générale est que le garçon se voit donner le prénom de son parrain et la fille celui de sa marraine. Seules quarante et une exceptions peuvent être relevées dans l’extrait du registre[3].

Dans certains de ces quarante et un cas, la transmission ne s’est pas faite suivant le mode habituel afin de pouvoir donner pour prénom à l’enfant non pas le nom d’un saint mais celui d’un personnage de l’Ancien Testament comme lors du baptême d’Aaron Besanson dont le parrain est Claude Beuf (20 juin 1683) et dans celui de Moïse Barbarin dont le parrain est Jean Bec (24 mai 1684).

Dans les autres cas[4], nous ne percevons pas ce qui a présidé au choix du prénom de l’enfant.

 

La date du baptême

Dans la religion catholique, l’administration du sacrement de baptême doit intervenir aussitôt que possible après la naissance[5]. Pour les tenants de la foi réformée, ce sacrement est aussi essentiel mais son administration n’est pas aussi immédiate car il nécessite que le pasteur se déplace d’un point à l’autre du territoire dont il a la charge et, en ce qui concerne le pasteur Bernard de Manosque, ce territoire est très vaste et les déplacements pas toujours faciles. Ce délai dans l’administration du baptême (généralement 10 à 15 jours) peut s’apprécier par quelques actes comportant en plus de la date du baptême, la date de naissance de l’enfant. On trouve ainsi :

-          Pierre Chaulan, né le 12, baptisé le 30 septembre 1674, (18 jours)

-          Antoine Fayet, né le 25 septembre, baptisé le 3 octobre 1670. (8 jours).

-          Jean Laugier, d’Ongles, né le 26 février, baptisé le 13 mars 1670. (15 jours).

-          Matty André, de Puimoisson, né le 9, baptisé le 21 mars (12 jours) 1684

Une exception particulièrement courte qui nécessite que l’enfant, le pasteur, le parrain et la marraine résident dans la ville ou dans un lieu très proche :

-          Laugier Léon, né le 2, baptisé le 3 janvier 1670, parrain Léon [Hélion] de Villeneuve, sieur de la Collette[6] et marraine Madame de Sarrazin, fille de Mr. d'Esparron ;

et des exceptions particulièrement longues :

-          16 septembre 1669 - Catherine Besançon, fille de Daniel et Suzanne Bec du lieu d'Espinouze a été portée en baptême par Jean Bec et Marie Aime habitant aussy au lieu d'Espinouze le 16 7bre 1669, née cinq semaines auparavant.

-          Salomon Juge, de Digne, né le 16 juillet, baptisé le 19 septembre 1669 (65 jours).

-          Besanson Pierre, fils de David et Suzanne Bec. Né le 25 novembre 1677, baptisé le 21 février 1678 (plus de 12 semaines).

Le pasteur n’est pas le seul à devoir se déplacer. Il faut parfois que le parrain ou la marraine fasse de même comme on le voit pour Sara, la fille du pasteur Jean Bernard et de Marguerite de Gaudemard qui, née le 19 octobre, ne sera baptisée que 9 jours plus tard certainement pour permettre au parrain, Thomas Bernard, ministre de Mérindol et à la marraine Sara Bernard, sœur de Thomas, épouse du Sieur Sabatier d’Ayguière de rejoindre Manosque.

Quand le parrain ou la marraine ne peut se déplacer, il peut se faire remplacer. Ainsi le 2 janvier 1681, Pierre de Sarazin, fils de Marc Antoine et delle Honorade de Pic, est « présenté par Hodet Maty le tenant pour Mathieu Pic son grand père ».

Cette nécessité d’attendre la venue du pasteur pour procéder au baptême se lit bien dans la célébration le même jour (20 juin 1682) de deux baptêmes, celui de François Verdet fils de Bastien et de Judith Faure et celui de celui de Paul Besanson, fils d’Annibal et de Claudette Bues, d’Espinouse. Un an après, jour pour jour, le pasteur Bernard est de nouveau à Espinouse où il baptise successivement, Aaron Besanson, fils d’Annibal et de Claudette Bues et Catin Clémens, fille de Jean et de Marie Bernard.

 

Attribution au puîné du prénom de l’aîné décédé.

Le rôle du prénom étant de désigner, d’identifier, il est évident que deux enfants du même couple parental ne peuvent pas se voir attribuer le même prénom[7]. Néanmoins, il arrive que cette règle ne soit pas respectée mais c’est uniquement lorsque le prénom redevient « disponible » par le décès de celui qui le portait. Le registre en donne trois exemples :

-          Colomby – Baptême d’Anne Colomby, fille d’Hanibal et d’Anne Bernard, le 14 janvier 1674 - Décès d’Anne le 2 mars 1674 – Baptême d’Anne Colomby, fille d’Hanibal et d’Anne Bernard, le 4 août 1675.

-          Fallavel – Baptême de Jean Fallavel, fils de Louis et d’Anne Hugue, le 14 mai 1673 - Décès de Jean Fallavel, fils de Louis et d’Anne Hugue, le 26 novembre 1675 - Baptême de Jean Fallavel, fils de Louis et d’Anne Hugue, le 14 novembre1677.

-          Garcin – Baptême de Jean Garcin, fils de Jean, bourgeois et de delle Anne Roubin, le 25 juin 1673 - Décès de Jean Garcin, fils de Jean, bourgeois et de delle Anne Roubin, le 22 mars 1674 - Baptême de Jean Garcin, fils de Jean, bourgeois et de delle Anne Roubin, le 26 mai 1675.

 

Prénoms masculins classés par fréquence

Les actes de baptême de garçons dont on peut lire le prénom sont au nombre de 92. Le nombre de ces prénoms est de 26 et la fréquence de leur attribution est variable.

Le prénom le plus donné est Jean (22 %).

Le cas de Scipion est exceptionnel car il est celui de Scipion Brun de Castellane, Sr. de Rougon qui parraine 5 garçons et leur donne son prénom. Ce personnage très certainement le même que Scipion de Castellane, lui aussi, parrain de deux garçons.

Après Jean et Scipion viennent André et Pierre. Ces quatre prénoms servent à baptiser presque la moitié des enfants. Si l’on ajoute Paul, Dominique, Etienne, François, Jacques, et Joseph, ce sont dix prénoms qui suffisent à prénommer les trois quart des enfants de sexe masculin.

 

Prénom

Nb.

%

cumul

Jean

20

22%

22%

Scipion

9

10%

32%

André

7

8%

39%

Pierre

7

8%

47%

Paul

6

7%

53%

Dominique

5

5%

59%

Etienne

4

4%

63%

François

4

4%

67%

Jacques

4

4%

72%

Joseph

4

4%

76%

 

Les prénoms donnés deux fois sont au nombre de six (Antoine, Charles, Elie, Henri, Louis, Marc) et ceux attribués une seule fois au nombre de dix (Aaron, Alexandre, Daniel, Eléon, Hannibal, Honoré, Léon, Moïse, René, Salomon).

 

Prénoms féminins classés par fréquence

Les actes de baptême de filles dont on peut lire le prénom sont au nombre de 67. Leur classement par fréquence est le suivant :

 

Prénom

Nb.

%

cumul

Marguerite

16

18%

18%

Suzanne

14

16%

34%

Catherine

12

14%

48%

Judith

7

8%

56%

Madeleine

6

7%

63%

Anne

4

5%

68%

Claire

4

5%

72%

Jeanne

4

5%

77%

 

Là encore peu de prénoms servent à prénommer les filles ; trois suffisent pour la moitié et huit pour les trois-quarts d’entre-elles.

Ensuite viennent : Marie (4 fois), Isabeau (3 fois), Françoise, Gabrielle, Honorade (2 fois) et un groupe de sept prénoms rencontrés qu’une seule fois : Angélique, Chrétienne, Claude, Louise, Lucresse, Marianne, et Sara[8].

 

Choix du prénom

« Scipion de Brun de Castellane et sa femme Judith Le Gouche de Saint-Etienne appartenaient comme leurs prénoms l’indiquent à la religion qui a banni les Saints du calendrier sinon du Paradis. » C’est par cette phrase un tantinet venimeuse que commence le livre de Bernard Barbery intitulé l’éphémère seigneur de Caille [9]. Elle illustre bien le fait que des prénoms sont ressentis comme caractéristiques des populations protestantes. Cependant l’auteur se trompe partiellement car la particularité des prénoms protestants est de provenir de l’Ancien Testament, ce qui est le cas de Judith, mais pas le cas de Scipion.

Je pense qu’il faut distinguer deux choses : les prénoms tirés de l’Ancien Testament qui sont utilisés seulement par des protestants quel que soit leur statut social et les prénoms antiquisants qui eux, sont caractéristiques de l’aristocratie quelle que soit sa confession.

 

Prénoms tirés de l’ancien testament

Parmi les prénoms bibliques rencontrés dans le registre du pasteur Bernard, on trouve Elie, Aaron, Daniel, Moïse, Salomon pour les garçons et Suzanne, Judith et Sara pour les filles.

Bien qu'ils soient tirés de la Bible (ou plutôt à cause de cela), ces prénoms ne sont pas appréciés par le clergé catholique. On en a la preuve dans le pays de Riez, où ceux qui les portent se verront imposer un autre prénom lorsque, à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes (1685), ils seront contraints d'abjurer leur religion. Ainsi à Roumoules, où depuis 1601-1604 se tenaient les assemblées de l'Eglise réformée du « Reges et annexes », le curé note dans son registre : « nous avons fait les cérémonies solemnelles du baptême et avons imposé et changé les noms selon les rites de la Sainte Eglise » [10].

Faut-il voir dans ce changement du prénom, une réaction essentiellement cléricale contre des prénoms à connotation réformée trop affirmée ou simplement une réaction contre une tentative d'introduction de prénoms « nouveaux » dans un processus de dévolution du prénom figé par la coutume ?

Il est difficile de savoir quelle est la part de chacun de ces motifs dans la décision du prêtre ; après tout, le baptême protestant est reconnu par l’Eglise catholique. Or, ce que l’on constate à Roumoules, c’est que le renouvellement de la cérémonie du baptême n’est pas imposé à toute la famille Roubin mais à une partie seulement. Claire, Elisabeth, Joseph, Jean et Barthélemy ne furent pas rebaptisés et conservèrent leurs prénoms tandis que Daniel, Judith, Jessé et Isaac se virent imposer les prénoms de leurs parrains ou marraines respectivement prénommés Charles, Marguerite, Gabriel et Pierre.

 

Prénoms antiquisants ou aristocratiques ?

Dans une étude antérieure[11], j’ai tenté de montrer que les prénoms antiquisants étaient à Riez une mode aristocratique. Le registre du pasteur Bernard confirme cette hypothèse mais il montre également un glissement de ces prénoms aristocratiques vers la bourgeoisie par le biais du parrainage.

-          Scipion Brun de Castellane, Sr de Rougon, est parrain de 5 garçons, ils sont tous prénommés Scipion,

-          Scipion de Mouriers, sr de La Bâtie[12] est parrain de Scipion Féraud, fils de Jean, bourgeois et de Madeleine Bernard.

Autres prénoms antiquisants, Alexandre et Hannibal. Le premier est donné par Scipion Brun de Castellane à son fils baptisé le 30 septembre 1674. Le second est plus curieux car dans le registre du pasteur Bernard, du moins dans la population qui nait, se marie et meurt en Haute-Provence, il est porté par des personnes dont rien ne permet de dire qu’elles soient ou prétendent être nobles[13].

Hélion (Elion, Héléon) est un prénom « aristocratique » antérieur à la Renaissance. D’origine obscure (Elie ?), il est porté par Hélion (ou Elion) de Villeneuve, né vers 1270 en Provence et mort en 1346, 26e grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1325. Dans le registre on ne trouve pas d’enfant ou de parrain portant ce prénom mais la liste des étudiants immatriculés à l'académie de Genève, à la date du 26 novembre 1663, on trouve un Hélion Gaudemar (Heleo Gaudemarus) originaire de Manosque[14].

 

Mariage


Publication des bans de mariage,

La pratique est la même pour le mariage des Catholiques et celui des Réformés : publications des bans trois dimanches consécutifs dans la paroisse de la mariée. Ainsi, le 23e 8bre 1669 a esté bénit le mariage entre Aaron Beuf, mestre passementier de la ville de Riez, fils d’Antoine et Jeanne Segonde d’une part et Isabeau Bec fille de Pierre et Marguerite Aymard (ou Aymes) du lieu d’Espinouse les annonces ayant été publiées par trois divers dimanches en ceste église d’Espinouse comme il appert par l’attestation.

 

Féminisation du nom de famille

Dans le chapitre « Folklore sociologique » de « La vie quotidienne à Riez (XVIIe - XIXe siècles) », j’ai montré que « au moins au XVIIe siècle, il est d’usage à Riez de donner aux femmes mariées le nom de leur mari au féminin… » « Une coutume similaire existe pour les filles non mariées qui sont appelées du nom de leur père, mais au féminin. ». Cet usage double que je ne trouve pas signalé dans l’ouvrage si riche de Fernand Benoît sur La Provence et le Comtat Venaissin [15], est signalé en Beauce et dans le Perche [16].

Le registre du pasteur Bernard permet d’étendre le constat fait à Riez à la plupart des communes de la Haute-Provence concernées par le registre. On y trouve :

1681 – Suzanne Arnouse (Arnoux)

1678 – Honorade Auberte (Aubert)

1684 – Jeanne Baridonne (Baridon ?)

1672 – Marguerite Brune de Castellane (Brun de Castellane)

1684 – Jeanne Buefve (Bœuf)

1672 – Marguerite Boyette (Boyet)

1678 – Catherine Fayette (Fayet)

1670 – Marguerite Ferrande (Ferrand)

1674 – Catherine Garcine (Garcin)

1671 – Marguerite Gassaude (Gassaud)

1676 – Anne Jourdanne (Jourdan)

1669 – Marguerite Lieutaude (Lieutaud)

1673 – Marguerite Meissonière (Meissonier)

1674 - Louise Melchionne (Melchion)

1677 – Suzanne Ruelle (Rue)

1684 – Isabeau Reine (Rey)

1683 – Suzanne Reyne (Rey)

1678 – Madeleine Rousse (Roux)

1684 – Marguerite Rouxe (Roux)

1669 – Jeanne Segonde (Segond)

1675 – Isabeau Verdette (Verdet)

 

Endogamie

La défense faite aux protestants comme aux catholiques d’épouser une femme de « contraire religion »[17] contraint les uns et les autres à une endogamie religieuse. Mais la communauté protestante étant réduite, le nombre des familles et par conséquent celui des filles à marier est moins important chez les Réformés.

Ceci explique que l’on rencontre parfois deux couples dans les mêmes deux familles.

Lorsque des frères épousent des sœurs, les enfants issus de ces mariages sont des cousins germains un peu particuliers car ils partagent les mêmes grands-parents paternels et maternels. Le registre en donne quelques exemples :

Famille Blanc-Agnel de Puimichel et famille Chevalier-Simon de Rémolons en Dauphiné :

Le 26 avril 1677 – Mariage de David Blanc, fils de David et de Jeanne Agnel, de Puimichel avec Jeanne Chevallier, fille de Jacques et de Marguerite Simon, de Rémolons (Dauphiné)

Le (26 avril ?) 1677 – Mariage de Elie Blanc, maréchal, fils de David et de Jeanne Agnel, de Puimichel avec Isabeau Chevalier-Dupin, fille de Jacques et de Marguerite Simon, de Rémolons (Dauphiné)

Famille Matty-Boit de Puimoisson et famille Féraud-Verdet de Manosque :

13 avril 1676 - Mariage d’André Matty, marchand fils de Hodet et de feue demoiselle Judith Boit, du lieu de Puimoisson, avec delle. Suzanne Féraud, fille à feu Honoré et delle. Isabeau Verdet, de la ville de Manosque.

9 mai 1678 - mariage de Sr. Henri Maty, marchand de Riez, fils du Sr. Hodet Maty et feu delle. Judith Boit, habitant à Puimoisson, et delle. Marguerite Féraud, fille à Honoré et feue delle Isabeau Verdetty, de Manosque.

Plus rare est le cas de trois frères épousant trois sœurs ! Ainsi Jacques, Jean et David Bec, d’Espinouse épousent, le premier Suzanne Rey (le 28 février 1683), les suivants Isabeau et Honorade Rey, de Saint-Martin (ces deux dernières le même jour, 21 avril 1683).

Le registre montre également que le respect de cette endogamie religieuse contraint les protestants à une exogamie géographique documentée par le tableau en annexe n° 2.

Cette endogamie religieuse entrainant une exogamie géographique est particulièrement visible dans le cas du pasteur Bernard. Il a lui-même épousé une protestante de Riez et il mariera une de ses filles à Alphonse de Vignoles, ministre de Caillac-en-Languedoc, fils de Jacques, seigneur de Prades et de Louise de Bachis d’Aubais, de Nîmes.

 

Remariage

Le remariage des veufs et des veuves est autorisé à la condition qu’il ne contrarie pas les usages (veuf âgé épousant « une jeunesse » par exemple), ce qui serait sanctionné par un charivari. Le registre du pasteur Bernard nous renseigne peu sur ce phénomène qui demande une documentation s’étalant sur plusieurs décennies. Néanmoins, le rapprochement de quelques actes permet de documenter deux cas de remariage d’un veuf.

-          Le 18 janvier 1682, David Verdetty [Verdet], fils de feu Nicolas et de Susanne Provensal, de La Chaux-en-Dauphiné, se marie avec Clère Bœuf, fille de feu Antoine et de Jeanne Segond. Dix-sept mois plus tard, le même David Verdet, se marie à nouveau avec Marguerite Girard, fille de David et Magdeleine Massu, d’Embrun. Il faut donc que sa première épouse Clère Beuf soit décédée. Effectivement, le registre porte la mention à la date du 23 décembre 1682 du décès de Clère Bœuf, âgée de 26 ans[18].

-          Elie Blanc, fils de David et de Jeanne Agnel, de Puimichel épouse le 26 avril 1677, Isabeau Chevalier-Dupin, fille de Jacques et de Marguerite Simon, de Rémolons en Dauphiné. Le couple donne naissance à Clère baptisée en 1678 et Catherine baptisée le 22 octobre 1679. Trois mois après le second accouchement, Isabeau décède à l’âge de 36 ans et est inhumée le 24 janvier 1680. Elie Blanc se remariera le 3 avril 1683 avec Madeleine Jugi, fille d’André et de Marguerite de Lautarel, de Digne.

 

Cimetière protestant

Exception faite pour Manosque où l’on trouve quelques mentions du cimetière Sainte-Barbe (cimetière de l’hôpital Sainte-Barbe), le registre ne dit pas où sont enterrés les fidèles de l’Eglise reformée des autres paroisses[19].

-          7 octobre 1683 a été ensevelie Madon Maty, fille de Jean et de delle Sambuc, âgée d'environ neuf ans, au cimetière Ste Barbe

-          5 juin 1684 est morte delle Marguerite Bonhomme, veufve à feu M. Matty, âgée de 62 à 63 ans, ensevelie au cimetière de Ste Barbe.

-          2 novembre 1684 est morte Marguerite Maty, fille de Jean et de Magdeleine Sambuc, âgée d'environ 12 ans [baptisée le 2 avril 1673], ensevelie au cimetière Sainte Barbe.

 

 

 

Annexe n° 1

 

Non transmission du prénom par le parrain ou la marraine

19 juillet 1669 – Baptême de Joseph Verdety, parrain Jean Féraud.

16 septembre 1669 – Baptême de Catherine Besançon, marraine Marie Aime

9 novembre 1669 - Baptême Judith Verdet, marraine Louise Verdet

13 juin 1670 – Baptême de Louis Gassaud, parrain Estienne de Lacour

20 juillet 1670 – Baptême de Anne Savornin, marraine Judith de Legouche, dame de Rougon

12 avril 1671 - Baptême de Suzanne Corriol, marraine Claude Corriol

9 août 1671 - Baptême de Catherine Laugier, marraine Judith Lieutaud

7 mars 1672 – Baptême de Paul Tassil, parrain Scipion Lieutaud,

4 avril 1672 - Baptême de Marguerite Brun de Castellane, marraine J. de Barneu

11 septembre 1672 – Baptême de Jean Nicolas, parrain Anne Bardot, lieutenant de vaisseau.

14 mai 1673 – Baptême de Jean Fallavel, parrain Jacques Savornin.

25 juin 1673 - Baptême de Jean Garcin, parrain Léon de Mouriers.

23 juillet 1673 – Baptême de Chrétienne Savornin, marraine Anne Savornin

30 septembre 1673 - Baptême de Jean Brun de Castellane, parrain Jacques de Bibau, conseiller et trésorier général de la Marine,

14 janvier 1674 – Baptême d’Anne Colomby, marraine Isabeau Bernard.

24 mai 1674 - Baptême de Catherine Corriol, marraine Suzanne Besanson.

1er juillet 1674 - Baptême de Judith Laugier, marraine Marguerite Boit

Le ? 1675 – Baptême de Suzanne Clemens, marraine, Marguerite Gaudemar

13 mai 1675 – Baptême d’André Nicolas, parrain Charles René Bouzonnier.

31 mai 1675 - Baptême Suzanne Corriol, marraine Angélique de Lioux.

4 août 1675 – Baptême d’Anne Colomby, marraine, Marie Bernard,

8 janvier 1676 – Baptême de Dominique Gassaud, parrain Théophille Savornin,

30 novembre 1676 – Baptême d’Anne Clemens, marraine, Suzanne Gaudemar

13 décembre 1676 - Baptême de Suzanne Matty, marraine Marguerite Bonhomme

14 juin 1677 – Baptême de Suzanne Besanson, marraine Anne Corriol.

janvier 1678 – Baptême de Henri Legouche, parrain Jacques Savornin

21 février 1678 – Baptême de Pierre Besanson, parrain Jacques Bec.

21 février 1678 - Baptême de Suzanne Bec, fille d’Honoré et de Marie Aime

17 décembre 1678 – Baptême de Clère Sarrasin, marraine Honorade Bouche

4 janvier 1679 - Baptême de Honoré Féraud, parrain Jean Clemens.

9 avril 1679 - Baptême de Madeleine Laugier, marraine Marie de La Cour(tons ?).

4 septembre 1679 – Jean Arabin, parrain Bathélemy Arabin

9 juillet 1679 – Baptême d’Etienne Colomby, parrain Jean Féraud

21 janvier 1680 – Baptême de Marc Verdet, parrain Paul Verdet, grand père

2 janvier 1681, baptême de Pierre de Sarazin, parrain Mathieu Pic son grand père

20 avril 1681 – Baptême de Paul Nicolas, parrain David Silvestre.

14 décembre 1681 – Baptême de Catherine Verdet, marraine Marguerite Bernard.

28 décembre 1681 – Baptême de Clère Luc, marraine Suzanne Arnouse [Arnoux]

20 juin 1683 – Baptême d’Aaron Besanson, parrain Claude Beuf.

20 juin 1683 – Baptême de Catherine Clémens, marraine Judith Lieutaud.

30 janvier 1684 – Baptême de Marguerite Verdet, marraine Catherine Lieutaud.

24 mai 1684 - Baptême de Moïse Barbarin, parrain Jean Bec

 

 

Annexe n° 2

 

Origine géographique des personnes mentionnées

1 – actuel département des Alpes de H.-P.

Couples parentaux*

Individus**

Bréole (La)

Mathieu-Lautaret

 

Curbans

Lieutier-de Villeneuve

 

Digne

Jugi-Lautaret

 

Espinouse

Barbarin-Armitte

Bec-Ayme

Bec-Besanson

Bec-Rey

Bernard-Bec

Bernard-Besanson

Bernard-Corriol

Bevanson-Bues

Bevanson-Corriol

Bovanson-Ayme

Corriol-Aubert

Corriol-Jourdan

Corriol-Melchion

Corriol-Mille

Corriol-Oubin ?

Mille-Bevanson

Roux-Jourdan

Rue-Roux

Serre-Roux

Aime

Bec

Belletru

Buich

De Lioux

Jourdan

Forcalquier

Gassaud- Fornel

Gassaud-Savornin

Gassaud-Tassil

Lieutaud-Ferrand

Verdet-Caton

Verdet-Fayet

Verdet-Papety

Gassaud

Lieutaud

de Lacour

Lourmarin

Boyer-Audiffret

Savornin-Sylvestre

Fagone

Manosque

Féraud-Bernard

Féraud-Verdet

Matty-Sambuc

Salanave-Beuf

Savornin-Savornin

Silvestre-Brès

Verdet-Bréougne

Gaudemar

Féraud

Mousteiret (le)

Honorat-Bernard

Honorat-Ferrier ?

 

Ongles

Laugier-Perret

Laugier-P….

Laugier-Gaudemar

Laugier-Verdet

Verdet-Dumont

Verdet-Fayet

Verdet-Meissonnier

Verdet-Meironne

Verdet-Roubaud

Verdet-Verdet

La Cour(tons ?)

Fayet

Roubaud

Opédette

Besanson-Corriol

Buef (Buich)-Brémond

Buich-Bred

 

Puimichel

Banon-Beuche (Buich ?)

Bec-Aimé

Blanc-Agnel

Buef (Buich ?)-Roubin

Buich-Roubin

Luc-Aimé

Masse-Buich ?

 

Puimoisson

Blanc-Chevalier

Matty-Caudier

Matty-Boit

Pic-Bouche

Sarasin-Pic

Matty

Riez

Arabin-Gaudemar

Bœuf-Segond

Matty-Féraud

Segond-Fauchier

Segond-Meissonnier

Agnel

Roumoules

Roubin-Laurens

 

Saint-Martin

Rey-Palenc

 

Sigonce

Lieutaud-Jussy

 

Valensole

 

de Villeneuve-de Sarasin

 

 

2 – autres départements

 

 

Couples parentaux*

Personnes isolées*

Barret-en-Dauphiné (Le)

05

 

Bernard

Embrun

05

Girard-Massu

 

Orpierre

05

 

Fayet

Rémollon-en-Dauphiné

05

Chevalier Dupin-Simon

 

Aix-en-Provence

13

Lieutaud-Papety

 

Eyguières

13

 

Sabatier

Velaux

13

 

Bernard

Séderon

26

Domon-Roux

 

Nîmes

30

de Vignole- de Bachis

d’Aubais

 

Grenoble

38

 

Rollan

Caillac-en-Languedoc

46

de Vignoles-Bernard

 

Clérac-en-Gascogne

47 ?

Salanave-Orliac

 

Draguignan

83

Caudier-Jauffray

 

Sollies

83

Meisonnier-Augier

 

Cabrières d’Aygues

84

 

Jourdan

Cadenet

84

 

Bernard

Bourgue

Sambuc

Lourmarin

84

Boyer-Audiffret

Savornin-Sylvestre

Silvestre

Fagone

St.-Martin de la Brasque

84

Serre-Baridone

Jourdan

La Chaux-en-Dauphiné

?

Verdet-Provensal

 

Granscet ?

 

 

 

Paul Gaudemar,

« capitaine dans

Granscet »

 

* Couples parentaux = nom du mari suivi du nom de l’épouse

** Individus = parrain, marraine, personne inhumée

 

 

Annexe 3


Familles nobles mentionnées dans le registre

Avec indication de seigneurie

 

Registre

du pasteur Bernard

Proposition

Référence

Esparron

Jean de Mouriers, seigneur d’Esparron (1682).

Esparron-La-Bâtie

« La famille Morier ou Mourier, a presque exclusivement possédé ce fief depuis le XIIIe s. jusqu’en 1737. Isnard, p. 160

La Bâtie

Scipion de Mouriers, sr. de La Bâtie (1683).

Esparron-La-Bâtie

Morier ou Mourier Scipion 1730, 1737.

Isnard, p. 160

Beaudina

Léon de Mouriers, sr de Beaudina (1673)

Beaudinar, Hameau d’Esparron-La-Bâtie

Féraud, p. 474

M. de Lassaupie ? (1670)

La Laupie, commune d’Esparron-La-Bâtie ?

La Laupie, démembrement d’Esparron-La-Bâtie.

Morier Jean, 1639, 1650, 1678

Isnard, p. 200

Caille

Marguerite de Poussel, dame de Caille (1681)

Caille, 40 Km au nord-ouest de Grasse

Les Brun-Castellane, de Draguignan étaient Sr. de Caille

La Collette

Léon de Villeneuve, sieur de la Colette (1670-1678)

La Collette, commune de Tartonne

Démembrement de Tartonne…

Hélion Villeneuve 1662 (J.).

Isnard, p.122

Rougon

Judith de Legouche, dame de Rougon (1670). Epouse de Scipion Brun de Castellane

Rougon

Brun de Castellane Scipion 1672 h. (E.).

Isnard, p. 321

Saint-Estève

delle Suzanne de Bachis de St. Estève (1672), sœur de Daniel Bachis

Saint-Estève-Lez-Thoard

Daniel Baschi 1699. (1)

Isnard, p.336

Vaunavès

Daniel de Bachis, noble, sieur de Veaunaves (1672)

Vaunavès, commune de Thoard

Baschi Daniel 1699 h. (1)

Isnard, p.408

Saint-Etienne

Paul Legouche, Sr. de Saint-Etienne (1672-1678)

Saint-Etienne-Lès-Orgues

Legouche Paul 1672. (2)

Isnard, p.338

Ongles

Honorade de Caille, dame d’Ongles (1683)

Ongles

Brun-Castellane Honorade, femme de Jacques Bibaud, 1680.

Isnard, p.268

Langon

noble François de Mouriers, sieur de Langon, habitant de Manosque (1684)

Langon ?

 

Lignon

Honorade Brun de Castellane, dame de Lignon

Lignon ?

Ongles - Bibaud-Lignon Jacques acquéreur de François Vins, 1667, 1669, 1675 ; ses hoirs 1695.

Brun-Castellane Honorade, femme de Jacques Bibaud, 1680.

Isnard, p.268

Fontanille

Dominique Savornin, sr de Fontanille (1681)

Fontenelle, commune de Mirabeau ?

 

 

Lioux

Angélique d’Etienne de Lioux (1676)

Lioux, hameau deuxième paroisse de Senez

Féraud, p. 264

Beaurepaire

Gassaud, Sieur de Beaurepaire, habitant de Forcalquier (1677)

Beaurepaire ?

 

Seigneurie non indiquée

Charles de La Tour. Noble, parrain de Charles Roubin, fils de Daniel et Judith Laurens, en 1680

Roumoules

Heymès

Notes :

(1) – Une partie de la famille Baschi, soit n’a pas adhéré à la Réforme, soit a abjuré. En effet, 30 ans après la Révocation, on note l’ « érection en comté des terres de Saint-Estève, Barras, Tournefort et partie de Thoard, sous le titre de comté de Baschi, en faveur de François Baschi… » (Isnard)

(2) - Paul Legouche est vraisemblablement le fils de Corneille qui acquiert de Gaspard de Vintimille la seigneurie de Saint-Etienne, en 1644. Dans Féraud, page 387, on trouve une mention relative aux origines néerlandaises de Corneille Legouche : « Gaspard de Magdelon de Vintimille… la vendit… à Cornélie Lagouche, gentilhomme hollandais qui habitait Manosque ».

 

 

Références :

Isnard =      Isnard (Marie Zéphirin). Etat documentaire et féodal de la Haute-Provence. Nomenclature de toutes les seigneuries de cette région et de leurs possesseurs depuis le XIIe s. jusqu'à l'abolition de la féodalité; état sommaire des documents d'archives communales antérieures à 1790; bibliographie et armoiries. Digne, Vial, 1913, in-8°, XXIII-496 p.

Féraud =     Féraud (Abbé J.-J.-M.). Géographie historique et biographique des Basses-Alpes. Digne, Repos, imp., 1844, 512 pages

Heymès = Heymès (Michel). « L'Eglise réformée de Riez (1550-1700) », dans Annales de Haute-Provence, B.S.S.L., t.52, 1983, fasc.295, p.73-119

 

Utilisation de la particule sans indication de seigneurie

de Lautaret Marguerite, de Digne, 1669

du Teil Philippe, 1669

de Lioux Angélique, 1669,

de Gassaud Pierre, écuyer, de Forcalquier, 1670-1683

de Bignan, Madame, 1677

de Lacour Marie, 1677

de Savournin Catherine, 1678

de Sarasin Marc Antoine, 1678

de Pic, 1678

de Goulon Anne, 1679

de Villeneuve Josias, 1681

de Legouche Judith, épouse de Scipion Brun de Castellane 1681

 



[1] « Si un homme ne nait de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » Jn. 3, 5.

[2] Scipion Brun de Castellane est parrain de sept enfants dont aucun issu de la noblesse. Son épouse Judith Legouche est marraine de quatre enfants dont un seul est noble, mais il s’agit d’un parent.

[3] Liste en annexe n°1

[4] Par exemple : marraine portant un prénom « protestant » et donnant un prénom « catholique » comme Catherine Clémens dont la marraine est Judith Lieutaud (20 juin 1683).

[5] « … personne ne doute de quelle importance est le baptême pour le salut des hommes... C'est pourquoy nous ordonnons à toutes personnes de quelle qualité qu'elles soient de le faire administrer à leurs enfants trois jours après leur naissance au plus tard, et dans les formes et cérémonies de l'Église, sous peine d'excommunication ». [de Valavoire (Nicolas)]. Ordonnances du diocèse de Riés, publiées dans le synode général, le 23 du mois d'avril de l'année 1675. AD AHP, imprimé, C 90.

[6] La Colette, démembrement de Tartonne.

[7] Sauf en cas de gémellité.

[8] Chez les mères et marraines, on observe quelques diminutifs de prénoms féminins : Françon (Savornin, Roubin) Madon (Bernard, Maty), Catin pour Catherine (Clémens, Lieutaud).

[9] Barbery (Bernard). L’éphémère seigneur de Caille. Paris, Librairie académique Perrin, 1932, 270 pp.

[10] Heymès (Michel). « L'Eglise réformée de Riez (1550-1700) », dans Annales de Haute-Provence, Bulletin de la Société Scientifique et Littéraire, t.52, 1983, fasc.295, p.93-94.

[11] Heymès (Michel). « La vie quotidienne à Riez (XVIIe-XIXe s.). La vie communautaire – Folklore sociologique »,  dans Les Amis du Vieux Riez - Bulletin d’Information, n° 89, juin 2003, p. 1-18

[12] Esparron-La-Bâtie.

[13] Dans la famille Granon, le père porte le nom du général carthaginois Hannibal et le fils celui de son vainqueur le romain Scipion.

[14] Arnaud (E.). Histoire des protestants de Provence, du Comtat-Venaissin et de la principauté d'Orange. Paris, Grassart, 1884. Vol. 1, p. 563.

[15] Benoît (Fernand), La Provence et le Comtat Venaissin, Paris, 1949, Gallimard.

[16] Chapiseau (F.). Folklore de la Beauce et du Perche. Paris, 1902. Cité par Ségalen (Martine). Mari et femmes dans la société paysanne. Paris, Flammarion, 1980, p.145.

[17] « les sieurs Daufin Fougnoude, habitant à Quinson, et Honoré Jullien du mesme lieu, ont fait réparation publique, celuy‑là d'avoir marié sa fille avec un party de contraire religion et celui-ci d'avoir espousé une femme papiste, et de la main d'un preste, lesquels ont esté receus à la paix de l'Eglise, moyennant promesse de mieux vivre a l'advenir. » Bigot (P.-H.) « Le livre du consistoire de l'Eglise Réformée de Riez (1603-1623) », dans Annales de Provence, 1911, p.315-335.

[18] Ce décès d’une jeune mère, 17 jours seulement après le baptême de sa fille et 11 mois après son mariage, nous rappelle le triste destin de toutes ces femmes « mortes d’avoir donné la vie ».

[19] Visite pastorale de la paroisse du Caire, le 4 juin 1664 « […] Il y a une vieille massure, qui estoit autrefois la paroisse éloignée d'environ un quart de lieu, sous le titre de N.-D. des Romessiés [...] et tout au cousté d'icelle, le cimetière [...] tant des catholiques que de ceux de la R.P.R. Il n'y a pas quinze jours ou trois sepmaines que l'on y a enterré un de ces derniers. » [AdHA, G 1854 (1609)]. Michel d’Annoville (Nicole), De Leeuw (Marc) et alii. Les Hautes Terres de Provence, itinérances médiévales. Le Caire, Association les Hautes Terres de Provence, 2008, p. 141.