Les galériens provençaux

 

Le site du Musée du Désert offre une base de données relative aux galériens protestants. J’en ai relevé quelques-uns originaires de Provence :

 

ARMAND, Daniel. Né vers 1651, fils de Jacques et Jeanne Jaquier, époux de Jeanne Mille ; laboureur. De Lourmarin (84160). Condamné à Grenoble pour exil le 4 septembre 1699. Mort à l’hôpital le 14 novembre 1705.
N° écrou : 23796.

 

BOUSSOT, Pierre. Né vers 1635, hôtelier. Des Baux (Creu-De-Mourier) (13520). Condamné en Provence à 5 ans, le 25 septembre 1690. Mort à l’hôpital le 8 juin 1693.
N° écrou : 12544.
Le 17 octobre 1685, il figure dans l’abjuration collective des habitants de Mouriès, avec sa femme Louise PEYRE et ses enfants Anne et Jacques.

 

CHAUVIN, Simon. Né vers 1677, fils de Pierre et Marguerite Séguin. De Lourmarin (84160). Condamné à Grenoble pour exil, le 24 novembre 1699. Mort à Cadix le 19 septembre 1702.
N° écrou : 23854.
Il est né le 20 mars 1675 à Lourmarin, de Pierre CHAUVIN (1628-1695) et de Marguerite SEGUIN (1643-1700). Il est baptisé protestant une semaine plus tard. Il figure dans l’abjuration collective des habitants de Lourmarin le 22 octobre 1685.

 

COURBON, Antoine. Maçon. De Cabrières-d’Aigues (84240). Condamné en Provence, le 24 mars 1736.
Contumace.
Marié à Marguerite ROMAN, il aura 8 enfants après cette condamnation : Marie (née en 1744), Marguerite (née en 1748), Pierre (né en 1749), Suzanne (née en 1751), Madeleine (née en 1753), Daniel (né en 1758), Joseph (né en 1760) et Madeleine (née en 1762). Tous baptisés au Désert.
Voir la notice de Jacques MURAT.

 

JEAN, André. Né vers 1659, fils de Jean et Jeanne Porte, époux de Clarisse Ciron ; tisserand. De La Charce (26470). Condamné à Aix-en-Provence, le 3 avril 1689. Libéré le 12 décembre 1699.
N° écrou : 11012.

 

JEAN, Étienne. Né vers 1629, fils d’Antoine et Louise Estre, époux de Suzanne Porte ; meunier. De La Charce (26470). Condamné à Aix-en-Provence, le 3 avril 1689. Mort à l’hôpital le 18 août 1690.
N° écrou : 11011.

 

JOURDAN, Brunet. Né vers 1679, fils de Jean, époux d’Élisabeth Rispade. De Cabrières-d’Aigues (84240). Condamné en Provence pour fait de religion, le 26 septembre 1698. Libéré le 16 février 1701.
N° écrou : 21800.

 

LAGEON, André. Né vers 1676, fils d’André et Catherine Vienne. De Lourmarin (84160). Condamné à Grenoble pour exil, le 24 novembre 1699. Libéré le 5 mai 1711.
N° écrou : 23855.
Il s’agit d’André LAJON, fils d’André LAJON et de Catherine VIENS. Il est né le 19 décembre 1674 et il a été baptisé protestant le même jour. Il figure dans l’abjuration collective des habitants de Lourmarin le 21 octobre 1685.

 

MURAT, Jacques. Négociant. De Lourmarin (84160). Condamné en Provence, le 24 mars 1736.
Contumace.
C’est un bourgeois de Lourmarin. Marié à Madeleine AILHAUD, il eut quatre enfants : Anne, François-Antoine, Rose et un autre garçon. Son nom apparaît souvent dans les registres pastoraux tenus au Désert.
Dans son Histoire des protestants de Provence, E. Arnaud nous apprend que lors d'une assemblée tenue par le pasteur François Roux à Cabrières d'Aigues dans la nuit du 30 au 31 mars 1735, Jacques Murat « commença le service par la lecture d'un ou deux chapitres du Nouveau Testament et le chant de quelques Psaumes ». À la fin de cette assemblée, Jacques Murat fit une quête qui rapporta 8 à 10 livres, dont le montant fut remis au pasteur pour les pauvres de Cabrières. L'assemblée, qui comptait de 150 à 200 protestants, se termina à minuit. Informé de ce qui s'était passé, le roi chargea l'Intendant de Provence d'instruire et de juger les personnes compromises. Celui-ci rendit sa sentence le 24 mars 1736 : « Des 84 personnes inculpées, une fut condamnée à mort : le prédicant ; 6 aux galères perpétuelles : Jacques Murat, négociant de Lourmarin, Louis, Daniel et Antoine Roux, ménagers, Antoine Courbon, maçon, Pierre Jourdan (ces cinq derniers de Cabrières) ; 4 à un bannissement de trois années : Daniel Jourdan, Jacques Sallon, Anne Estaillard (femme de Pierre Jourdan), tous de Cabrières, et Jean Clot, de Mérindol. Ces onze condamnés étaient contumaces. »

 

PATOT, André. Né vers 1679, fils de Jean et Elisabeth Ferré. De Lourmarin (84160). Condamné à Grenoble pour exil, le 24 novembre 1699. Libéré le 3 juin 1713.
N° écrou : 23856.
Il s’agit d’André PACOT, fils de Jean PACOT et d’Isabeau SERRE. Il est né le 7 avril 1678 et il a été baptisé protestant le lendemain. Il figure dans l’abjuration collective des habitants de Lourmarin le 21 octobre 1685.

 

PÉLANCHON, Mathieu. Né vers 1664, fils de Jean et Marie Sergune. De Mérindol (Sivergue) (84400). Condamné à Grosmodan comme Vaudois, le 12 octobre 1689. Revenu de Dunkerque avec Marteille le 1er octobre 1712.
Sur L’Émeraude et La Fortune. N° écrou : 11676.
Il est le fils de Jean PÉLANCHON et de Marie SEGUIN, de Sivergues. Il y abjure le 23 octobre 1685. Il part pour le Refuge et se trouve à Genève le 10 septembre 1687 où il reçoit une assistance.
Dans un article de La Valmasque (n° 95, p 6-8), Georges Pons nous apprend que Mathieu Pélanchon a participé à la Glorieuse Rentrée des vaudois des vallées du Piémont (un millier d'hommes armés conduits par le pasteur-colonel Arnaud ont traversé la Savoie en passant par les montagnes jusqu'à leur rencontre avec les troupes du roi de France et du duc de Savoie). Mathieu Pélanchon fut fait prisonnier le 24 août 1689 à Salbertrand, après huit jours de marche depuis le lac Léman, avec 122 de ses compagnons. Conduits à Valence, puis à Grenoble, une première ordonnace fut rendue le 12 octobre puis une seconde le 10 décembre : un condamné devait subir le supplice de la roue et 95 autres devaient être pendus (dont Mathieu Pélanchon). Le roi commua leur peine en galères à vie. Mathieu Pélanchon résista 23 ans à ces conditions de vie effroyables sur L’Émeraude à Dunkerque et La Fortune à Marseille. Parmi les galériens transférés à Marseille avec Mathieu Pélanchon, il y avait Jean Marteilhe qui a raconté ce périple dans son livre Mémoires d'un galérien du Roi-Soleil. Partis de Dunkerque le 1er octobre 1712, ils arrivèrent à Paris le 17 novembre, puis à Marseille le 17 janvier 1713. Les huguenots furent placés sur la grande galère La Réale. En avril de cette année, Louis XIV décida que 136 forçats pour la foi seraient libérés, à condition de quitter le royaume de France. Mathieu Pélanchon voulut donc retourner en Suisse. Les 136 galériens libérés embarquèrent sur un navire allant à Gênes le 17 juin 1713. Arrivés à Villefranche-sur-Mer (donc sur les terres du duc de Savoie), ils débarquèrent, rejoignirent Turin et, aidés par des vaudois, ils atteignirent enfin Genève. On perd ensuite la trace de Mathieu Pélanchon qui avait presque 50 ans, dont 23 comme galérien.

 

ROMANE, Marc. Né vers 1653, fils de feu Daniel et Honarde ? ; tisserand. De Saint-Martin-d’Heres (38400). Condamné en Provence pour fait de religion, le 26 septembre 1698. Libéré le 17 mai 1700.
N° écrou : 21801.
Il est le fils de Daniel ROMAN et d’Honorade ROMAN, de Saint-Martin de La Brasque. Il y figure dans l’abjuration collective de ses habitants le 23 octobre 1685. Ensuite, il part au Refuge en 1687 : Genève (septembre) Schaffhouse (le 9 octobre), Francfort-sur-le-Main (le 27 octobre et le 7 décembre) où il dit vouloir se rendre à Hombourg, dans la Sarre

 

ROUX, Antoine. Ménager. De Cabrières-d’Aigues (84240). Condamné en Provence, le 24 mars 1736.
Contumace.
Il s’agit probablement d’Antoine ROUX, bourgeois, marié à Catherine FURET. Il eut deux fils : Philippe (né vers 1732) et Étienne (né vers 1737). Il meurt en 1756 dans la foi réformée.
Voir la notice de Jacques MURAT.

 

ROUX, Daniel. Ménager. De Cabrières-d’Aigues (84240). Condamné en Provence, le 24 mars 1736.
Contumace.
Il s’agit probablement de Daniel ROUX, ménager, marié à Marguerite ROUX. Il eut une fille, Marguerite (née vers 1735).
Voir la notice de Jacques MURAT.

 

ROUX, Louis. Ménager. De Cabrières-d’Aigues (84240). Condamné en Provence, le 24 mars 1736.
Contumace.
Voir la notice de Jacques MURAT.

 

Dans son Histoire des protestants de Provence, E. Arnaud nous apprend également (p 494) :

Condamnés aux galères : le 27 novembre 1687, Louis BOUVERAIN, de Saint-Étienne (par Lebret) ; le 3 avril 1689, Moïse Reynaud, Étienne Jean et André Jean, de La Charce (par le comte de Grignan) ; le 27 avril de la même année, Jacques Martin et Pierre Blanc, de Gigors (par le Parlement).

Étaient sur les galères en 1689 : Boitias (ou Beautias) Pierre, âgé de 32 ans, sur l'Ambitieuse, de Marseillle ; Estran Jean ; Martin Jacques ; Renaud Pierre, âgé de 31 ans ; Renaud Moïse, son frère, âgé de 41 ans (libéré en 1713) ; Étienne Jean et André Jean, mentionnés ci-dessus.

(...) Pierre Sautier, de Marseille, fut condamné à la même peine le 19 septembre 1690 par le duc de Broglie, gouverneur du Languedoc.